Un pont qui disparaît à Besançon mais qui permet d’apporter l’eau à un village au Burkina Faso, c’est tout un symbole et c’est d’abord à cela qu’ont pensé Christophe Fornès et l’association « Un pont pour un puits » lorsque la structure est née en 2012. L’idée : récupérer des morceaux de béton de l’ancien pont Battant, démoli dans le cadre du projet du tramway, les transformer en objets, vendre ces derniers et financer un puits.
 Christophe Fornès en 2013 devant quelques-uns des objets fabriqués à partir du béton du pont Battant.   Photo L.L./ ER









Photo HD Christophe Fornès en 2013 devant quelques-uns des objets fabriqués à partir du béton du pont Battant.   Photo L.L./ ER 
 
Au final l’association a fait bien plus que cela. Il y a eu un forage mais aussi la mise en place d’un réseau de distribution d’eau, d’un château d’eau et d’une pompe solaire à Kiendsom en 2014 (soit 20 000 litres d’eau par jour pour les quelque 1 500 habitants et l’espace de maraîchage du village).

Il y a eu aussi, dans un deuxième temps, le lancement d’un projet lié à l’assainissement. « En 2016 nous avons inauguré deux toilettes sèches pour l’école, raconte Christophe Fornès. Ce jour-là les villageois ne nous ont posé qu’une question : et le village ? »

25 ouvrages

L’association a donc mené une enquête en 2017 pour vérifier qu’il y avait bien une demande et un besoin. Le résultat fut sans appel « Ils souhaitaient tous qu’on installe des toilettes sèches. Il faut dire que c’est vraiment mieux : non seulement ces installations apportent du confort et une garantie en termes de santé mais les habitants peuvent utiliser sans danger les sous-produits des latrines comme fertilisant, y compris pour des sols infertiles en cours de désertification. »

En 2018, l’association a réceptionné 25 ouvrages, soit un investissement de près de 10 000 € financés en partie grâce au prêt de 7 000 € consenti par l’un des membres de l’association. Les villageois équipés ont quatre ans pour rembourser, sachant que chaque toilette rapporte environ 100 € par an de fertilisants.

L’objectif à présent : trouver les financements pour 125 autres latrines. « 40 sont prévues dans l’immédiat. On a eu une subvention de l’Agence des Micro Projets et on est en attente pour des fonds de la Région et de l’Agence de l’eau. » En attendant Christophe Fornès lance un appel aux bonnes volontés qui souhaiteraient rejoindre l’association. Et il continue - avec l’aide de plusieurs personnes - de façonner des objets à partir de morceaux du pont Battant.

1 500 objets créés à partir du pont

Au total la structure en a fabriqué plus de 1 500 (essentiellement des dessous-de-plat et quelques petites horloges), qui ont permis de récolter environ 20 000 €. « Il en reste une vingtaine, conclut Christophe Fornès mais je pense avoir encore assez de matériaux pour en fabriquer une cinquantaine ».
C.M.