jeudi 11 octobre 2018

"Santé et Prospérité en Brousse : Eau, assainissement et sécurité alimentaire pour Kiendsom et Rapéla"

                  Pour deux villages au centre du Burkina Faso, 

notre association UN PONT POUR UN PUITS (UPPUP) porte le projet : 


"Santé et Prospérité en Brousse : Eau, assainissement et sécurité alimentaire pour Kiendsom et Rapéla". 

 Il s'agit de développer l'assainissement écologique (toilettes sèches) pour les ménages de ces deux villages, pour protéger la ressource en eau potable mais aussi pour assurer la sécurité alimentaire. 

En effet, ce mode d'assainissement, après un temps "d'hygiénisation", fournit des fertilisants...
UN PONT POUR UN PUITS            par Christofor...pour les cultures vivrières, en toute sécurité.    

Ce projet fait suite à un projet semblable, à l'école et une étude-enquête auprès des ménages. Cela demandera aussi des formations et de grands travaux d'aménagements à réaliser par les villageois.
Christophe

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Où se situe notre projet ?
Cette vue planétaire montre où se situe notre projet à l'échelle du globe : Le Burkina se trouve à la limite du désert sous climat soudano-sahélien. Le territoire est donc particulièrement exposé à la désertification.                                  " La Terre est si belle..."

Nous voici vingt fois plus près, notre projet se situe à 120 km au Nord-Est de Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso mais à 175 km de routes et de pistes parfois coupées par les cours d'eau temporaires à la saison des pluies.


Encore cent fois plus près, notre zone d'intervention actuelle apparaît dans son ensemble : 

le territoire de Kiendsom et Rapéla couvre plus de 20 km² pour 1876 habitants regroupés en 184 ménages. C'est 1/6 000 000 de la surface habitable de la terre et 1/4 000 000 de la population mondiale               " ... le monde est si grand"


        Voici la zone d'intervention de nos deux premiers projets : L’École primaire de Kiendsom. L'AEPS (Approvisionnement en Eau Potable Simplifié) est un robinet aménagé partagé avec le village. Il fallait que tous les villageois profitent des aménagements, pas seulement les élèves de l'école privée. Inclure un maximum de bénéficiaires est un facteur de paix dans le village.
 Qui a décidé du projet ?

La présence de nombreux villageois à la restitution de l'enquête montre leur intérêt et leur désir d'implication dans le projet de développement que nous leur proposons.
      Les parents d'élève nous ont sollicité fin 2016 lors de l'évaluation du projet "Hygiène et assainissement pour l' École de Kiendsom". Lors de la restitution de ce projet, les villageois ont clairement dit que leur implication dans le développement de leur village était déterminante pour accepter ce projet. 

        En 2017 nous avons mené une étude-enquête approfondie au près de tous les ménages. Cette enquête a fait l'objet d'une restitution publique solennelle (photo ci-dessus) qui a réuni près de 300 personnes ; dont un représentant de chacun des 181 ménages intéressés, les 8 enquêteurs et enquêtrices, les chef de projet UPPUP et Koassanga, et d'autres acteurs de l'enquête. Le déroulé et les décisions prises lors de la restitution sont détaillées dans notre article précédent. Les ménages bénéficiaires ont donc décidé eux même du projet

Nous avons visité le chef de terre, l'autorité coutumière principale qui affecte les parcelles de terre cultivable et tient lieu de cadastre. Nous somme dans une civilisation où le droit oral a une influence prépondérante.
Les ménages de Rapéla ont été enquêtés et ont participé aux premiers champs-écoles (Photos ci-dessous) pour la Gestion Intégrée de la Fertilité des Sols (GIFS) au même titre que ceux de Kiendsom. C'est la suite de notre promesse en 2014 de nous souvenir d'eux. Le principe de l'enquête a été accepté par le chef de terre (photo ci-dessus). Après médiation par Samuel (tout à gauche sur la photo ci-dessous), les deux villages en conflit ont accepté de mettre de côté leurs vielles querelles pour travailler ensemble.

Qu'est-ce qui a motivé les villageois pour l'assainissement Écologique ?
Deux champs de sorgho à Kiendsom : à gauche, pratique paysanne (fumure dispersée occasionnellement sur le sol) à droite, pratique GIFS/EcoSan (avec application méthodique, concentrée, et enterrée des sous-produits des latrines hygiénisés et des fumures organiques). 

Notez que les épis sont deux fois plus gros et les tiges plus vertes en G.I.F.S.  (Gestion Intégrée de la Fertilité des Sols). Un cultivateur de Kiendsom nous a dit : "Un enfant dès qu'il sait parler vous dirait la différence de résultat entre les deux modes de culture".
Champs de soja en GIFS à Rapéla (École et latrines VIP à l'arrière plan)
Malgré une pluviométrie déficitaire et sur des sols maigres et peu épais, où la cuirasse affleure à 10 ou 15 cm de profondeur, la récolte de soja est acceptable, sur les parcelles cultivées avec les pratique GIFS/EcoSan.  : les gousses sont nombreuses et remplies. 

Dans la parcelle en pratique paysanne on ne récoltera pratiquement rien.


Quel est notre programme ?

 Nous allons mettre en place la G.I.F.S. (Gestion Intégrée de la Fertilité des Sols) à Kiendsom et Rapéla suivant le modèle de Koassanga.

Ce modèle a fait ses preuves dans un environnement aussi dégradé mais moins contraint, à Kiendsom et Rapéla des pentes beaucoup plus forte. Cela nous oblige à adapter le modèle. 

Ce sera le modèle "G.I.F.S. pentes fortes" qui pourra être appliqué dans les zones plus montagneuses.

Cela demande de réaliser des constructions, de donner des formations appropriées et de réaliser des aménagements considérables des espaces cultivés : 
  • pour une production agricole assurant la sécurité alimentaire qui est la motivation première des bénéficiaires donc la condition pour l'utilisation durable de l'assainissement écologique.

  • une préservation suffisante de la ressource en eau (santé) et de l'environnement qui sont les motivations premières des bailleurs qui nous subventionnent.

1. Constructions

1.1 Des latrines écologiques

Objectif : une latrine EcoSan par cour

Intérieur d'une latrine EcoSan au milieu pipi à droite popo, fosse de gauche bouchée pour 6 mois de dessication tout à gauche bidet pour la toilette
Récolte des précieux engrais hygiénisés
Fèces hygiénisés
  
Urinoir public pour la place du marché









25 latrines et 40 urinoirs en 2018/2019 puis 100 latrines en 2019/2020 puis les 25 dernières  latrines en 2020/2021.

1.2 Des centres d'hygiénisation

 L'intérêt des centres d'hygiénisation est la gestion des sous-produits des latrines (= fèces et urine hygiénisés = engrais EcoSan). C'est à dire imposer le temps réglementaire d'hygénisation des urines (35 jours) et le contrôle de l'accès individuel au engrais EcoSan.

Centre d'hygiénisation à Koassanga dont nous suivons le modèle
















2 centres d'hygénisation en 2019
3 centres d'hygénisation en 2020 
et 1 centre d'hygénisation en 2021


2. Formations

2.1 Formation à l'utilisation de l'assainissement écologique (EcoSan)

Ménages et 16 animateurs EcoSan en 2019

2.2 Formation à la gestion des centres d'hygiénisation

2 gestionnaires par centres seront formés soit 4 en 2019, 6 en 2020 et 2 en 2021

2.3 Formation à l'utilisation optimale des engrais EcoSan

2.3.1 Formation en agriculture céréalière pour les ménages et 16 animateurs en agriculture "EcoSan"
Sensibilisation : des résultats probants sur notre propre terroir facilite l'adhésion

Formation en  agriculture maraîchère pour les ménages et 8 animateurs en agriculture "EcoSan"
Formation maraîchère à l'école de Kiendsom

2.4 Formation à l'animation assainissement (sensibilisation, méthodes)
 
10 formateurs en 2020


3. Aménagement des espaces cultivés 


3.1 Méthode

Le meilleur compris sera recherché pour la protection des ressources (sols, eau), de l'environnement (biodiversité végétales et animale) et des espaces cultivés.
 

Dans la pratique, trois personnes de sensibilités différentes travailleront ensemble à la direction des travaux d'aménagement :
  • Un technicien du BuNaSols, sensible à la préservation de l'environnement et à la préservation de la ressource en eau. Il définira les espèces locales les mieux adaptées pour le couvert végétal protecteur des sols.
  • Un ingénieur agronome, sensible à l'optimisation des rendements de l'agriculture écologique intensive.
  • Le Directeur de la S.I.D.R. qui tranchera en fonction de la volonté des cultivateurs et des recommandations des Ministère de la sécurité alimentaire.

3.2 Aménagements prévus

3.2.1 Cordons pierreux

Le rôle des cordons pierreux est de ralentir le ruissellement de l'eau afin d'éviter l'érosion des sols et favoriser l'infiltration. La ressource en eau est aussi préservée parce que les nappes superficielles ont le temps de se recharger. 


Une grande partie des pierres utilisées devra être concassée manuellement faut 12 heures de concassage par personne pour obtenir 1 m3 de pierres permettant de faire 6 mètres de cordons pierreux.
  10 ha prévus avec 4 à 600 m de cordons pierreux/ha. Pour plus de durabilité les cordons pierreux seront renforcés par des bandes enherbées vivaces.  



Sans ces cordons pierreux, les engrais EcoSan seraient "lessivés" ce qui diminuerait les rendements et donc l'intérêt pour l'assainissement écologique. 

Avec les cordons pierreux, les engrais restent sur place et bénéficient aux cultures. Les rendements doublent (ou triplent !), la sécurité alimentaire est assurée, l'assainissement écologique perdure avec ses avantages en terme de santé, d'économie et de préservation de la biodiversité, des ressources et de l'environnement.

On comprend ainsi que l'approche systémique est plus pertinente qu'une approche sectorielle qui ne s'intéresse qu'à tel ou tel aspect. Tout est lié dans un système vivant et ce sont les relations entre les éléments du système qui sont à prendre en compte plutôt que les éléments pris séparément. 
"Le tout est autre que la somme des parties" (Blaise Pascal)


3.2.2 Bandes enherbées

Des pépinières pour les plantes vivaces (graminées Antropogon, etc) et les arbres (Moringa, acacias, etc.) sont prévues. Ces plantes devront être repiquées.

Les bandes enherbées pourront aussi servir de fourrage aux troupeaux des nomades (peuhls) dont l'activité pastorale est dominante. Cela est aussi un facteur de paix entre bergers et cultivateurs. La fumure organique pourra aussi être récupérée pour les cultures.
 

3.3 Moyens 

3.3.1 Moyens humains

Les bénéficiaires seront très impliqués et une somme de travail colossale sera nécessaire à la réalisation des cordons pierreux. 

  3.3.2 Moyens matériels et financiers : voir ci-dessous :

 
Combien cela coûte-t-il ?

En mars et avril 2019, 200 à 400 habitants de Kiendsom et Rapéla devront consacrer ensemble 35 000 à 50 000 heures de bénévolat par an afin de réaliser ces aménagements ! 

Ce qui ne peut pas être réalisé manuellement, les matériaux et le matériel ont un coût que ne peuvent pas se payer les villageois, en situation d'extrême pauvreté et doit être subventionné. D'autre part nous voulons que Kiendsom et Rapéla deviennent des village-école pour la G.I.F.S./EcoSan.  

En échange, les bénéficiaires de latrines écologiques s'engagent à sensibiliser et former gratuitement les autres villages intéressés pour un impact environnemental plus grand.

L'Agence de l'eau RMC, la Région Bourgogne-Franche-Compté, la Ville de Besançon et UPPUP sont les principaux bailleurs.

(à suivre)
 

Aménagement 10 hectares




Désignation
Coût unitaire
Nombre
en FCFA
En Euros
Sensibilisation/mobilisation de la population
100 000
5
500 000
762 €
Levée des courbes de niveau
30 000
10
300 000
457 €
Achat de matériel


1 610 000
2 454 €
Ramassage des moellons/transport/aménagement
250 000
10
2 500 000
3 811 €
Pépinière et Antropogongaïanus et autres
230 000
10
2 300 000
3 506 €
Repas pour les participants
500
2 000
1 000 000
1 524 €
Suivi des travaux


1 500 000
2 287 €
Imprévus


500 000
762 €
TOTAL


10 210 000
15 565 €










Matériel cordon pierreux




Désignation
Coût unitaire
Nombre
en FCFA
En Euros
Pioche
3 500
40
140 000
213 €
niveau à eau
15 000
2
30 000
46 €
Triangle
20 000
2
40 000
61 €
Barre à mine
26 000
20
520 000
793 €
Marteau de 5 kgs
21 000
15
315 000
480 €
Marteau de 2 kgs
9 000
6
54 000
82 €
Gants
1 000
150
150 000
229 €
Lunettes
800
200
160 000
244 €
Masque
200
1000
200 000
305 €
TOTAL


1 609 000
2 453 €

Détail : matériel cordon pierreux réutilisable l'année suivante sauf consommables



Source : Chiffrage du 11 02 2018 par le Directeur de la SIDR et Chef de projet Koassanga